Je ne veux plus vivre de souvenirs heureux, comme ces étoiles qui continuent de briller alors qu'elle se sont éteintes. Le présent est le cadeau du passé, et le souvenir du futur.
Je veux pouvoir montrer que je peux rendre des gens heureux, un peu tous les jours et ne plus bâtir mes relations sur des châteaux de cartes; car j'ai compris qu'à la moindre brise,tout s'écroule.
Même si je tombais 7 fois, je me relèverais encore.
Se laisser porter par les événements, c'est devenu une habitude. Pourquoi avais-je tant besoin de cette fatalité? Encore une excuse pour rejeter la faute sur le destin quand il m'arrive quelque chose d'horrible. Je suis un peu comme ces héros tragiques qui, lorsqu'ils commettent un crime, vont crier à qui veut l'entendre qu'il sont les jouets des dieux.
"C'est cela qui est commode dans la tragédie. On donne le petit coup de pouce pour que cela démarre, rien, un regard pendant une seconde à une fille qui passe et lève les bras dans la rue, une envie d'honneur un beau matin, au réveil, comme de quelque chose qui se mange, une question de trop que l'on se pose un soir...C'est tout [...] C'est minutieux, bien huilé depuis toujours. La mort, la trahison, le désespoir sont là, tout prêts, et les éclairs, et les orages, et les silences, tous les silences: le silence quand le bras du bourreau se lève à la fin, le silence lorsque les deux amants sont nus l'un en face de l'autre pour la première fois, sans oser bouger tout de suite, dans la chambre sombre, le silence quand les cris de la foule éclatent autour du vainqueur_ et on dirait un film dont le son s'est enrayé, toutes ces bouches ouvertes dont il ne sort rien, toute cette clameur qui n'est qu'une image, et le vainqueur, déjà vaincu, seul au milieu de son silence..." Antigone, Jean Anouilh.